Roger YOUAN, le Secrétaire Exécutif de ADCI
ADCI condamne les déguerpissements de Koumassi-Campement et Port-Bouët, dénonçant leur caractère inhumain, l’insécurité foncière persistante et réclamant justice, dédommagement des victimes, moratoire foncier après les démolitions de juin 2026.
DECLARATION DU MOUVEMENT POLITIQUE AUJOURD'HUI ET DEMAIN, LA CÔTE D'IVOIRE (ADCI) RELATIVE AUX DEGUERPISSEMENTS À KOUMASSI ET A PORT BOUËT
LES FAITS
Depuis le mois de Mai 2026, des opérations de déguerpissement sont observées dans le District d'Abidjan. Si à priori, ces opérations devenues routinières ces dernières années en raison des risques liés aux éboulements, aux glissements de terrains et aux inondations avec leurs lots de morts en cascades, celles qui ont lieu à Koumassi Campement et à Port-Bouët, interrogent du fait de leur ampleur certes, mais plus encore de leurs caractères inhumains et injustes.
En effet, le 03 Juin 2026, à l'initiative d'un particulier, des engins ont entrepris la démolition de tout le quartier Houphouët Boigny (Campement) sous la bienveillance des forces de l'ordre mobilisées pour la circonstance. Cette démolition relevant d’un caractère inhumain et d'une ampleur jamais égalée, a vu plus de 40.000 de nos compatriotes, dont des enfants, des femmes enceintes, des vieillards, des élèves dont certains sont en classe d'examen, jetés à la rue, sous les pluies diluviennes.
À cet effet, ADCI s'étonne que l'État qui peut mobiliser autant de moyens humains et d'énergies pour lutter contre ledit désordre urbain, peine à lutter contre le remblayage illégal du plan d'eau lagunaire et l'orpaillage illégal dont les dégâts économiques connus de tous, comptent parmi les facteurs de la massification de la pauvreté et laissent prospérer les risques écologiques.
Les images qui ont tourné en boucle sur les réseaux sociaux ont montré des concitoyens aux regards vides, désespérément brisés. Un véritable choc ressenti par toutes celles et tous ceux qui sont encore humains.
Au même moment, dans quelques sous-quartiers de Port-Bouët, une commune voisine à Koumassi, les mêmes démolitions ont eu lieu sous le regard bienveillant des agents du District Autonome d’Abidjan qui en étaient le maître d'ouvrage avec l’assistance des forces de l'ordre, malgré l'opposition du conseil municipal.
NOTRE ANALYSE
Dans la forme
Les démolitions de Koumassi-campement à l'initiative du nommé Alloui Brou Jacques et celles de Port-Bouët à l'initiative du District autonome d'Abidjan en cette saison des pluies et pendant les examens à grand tirage, sans un avertissement préalable des personnes impactées portent une atteinte grave à la dignité humaine, et contribuent à n'en point douter à accroître la paupérisation des victimes à tous points de vue. Aucune urgence, pas même le prétexte juste de protection de la vie dans les zones à risques et la lutte contre l'insalubrité convoquées par le District Autonome d'Abidjan, ne peuvent justifier de telles œuvres inhumaines.
Au demeurant, réitérant son appel à l'adoption d'un moratoire sur le foncier et à la création d'un Tribunal spécial dédié au foncier, ADCI appelle la Justice à faire toute la lumière sur le dossier de Koumassi-campement permettant de situer toute la chaîne de responsabilités au-delà du sieur Alloui Brou Jacques et au dédommagement juste et intégral des victimes.
Dans le fond
L'onde de choc provoquée par la démolition du quartier Koumassi-Campement dont la plupart des victimes ont des titres de concession définitive (ACD) aggravée par le constat fait à postériori par le Procureur de la République près le Tribunal de première instance d'Abidjan-Plateau, qu'il s'agit bien d'un abus et d'une erreur monumentale, achèvent de nous convaincre que la forfaiture a atteint un autre niveau. En effet, comment comprendre et expliquer que durant plusieurs jours une démolition d'une telle ampleur a pu bien se passer sans qu'aucune autorité compétente ne s'interroge sur sa légalité et sa conformité ?
Comment expliquer que les forces de l'ordre ont pu être mobilisées durant tout ce temps sans que les hauts commandements n'aient pu déceler le faux ? Ces questions légitimes auxquelles nous attendons des réponses, montrent s'il en est encore besoin que nous sommes tous dans l'insécurité totale.
NOTRE POSITION
Le Mouvement politique AUJOURD'HUI ET DEMAIN, LA CÔTE D'IVOIRE (ADCI), condamne avec force le caractère inhumain de ces déguerpissements en saison des pluies.
ADCI dénonce le manque de communication entre les autorités administratives et, avec les populations pour des questions aussi sensibles qui touchent à la dignité humaine.
ADCI s'insurge contre cette politique de lutte contre le désordre urbain qui s'apparente à une lutte contre les pauvres.
À cet effet, ADCI s'étonne que l'État qui peut mobiliser autant de moyens humains et d'énergies pour lutter contre ledit désordre urbain, peine à lutter contre le remblayage illégal du plan d'eau lagunaire et l'orpaillage illégal dont les dégâts économiques connus de tous, comptent parmi les facteurs de la massification de la pauvreté et laissent prospérer les risques écologiques.
Comme hier pour le cas des déguerpis de Yopougon GESCO et aujourd'hui à Koumassi Campement et Port-Bouët, ADCI s'inquiète de l'insécurité foncière à laquelle nos concitoyennes et nos concitoyens munis de titres de propriétés authentiques sont confrontés et appelle au strict respect desdits titres, faute de quoi, nous sommes tous en danger.
ADCI invite également le District Autonome d'Abidjan à faire preuve d'humanisme et à respecter les autorités municipales de son ressort territorial en stoppant immédiatement les déguerpissements en cours.
ADCI dénonce les dysfonctionnements récurrents des différents services administratifs à l'ère de « la modernisation de l'administration publique » tout en condamnant l'attitude de certains de leurs responsables qui se donnent une autonomie, voire une indépendance à l'intérieur même de l'État.
Comme hier également avec le dossier de Djorogobité avec l'affaire Komé Bakary et sa fameuse « procuration spéciale délivrée par le Tribunal de première instance du Plateau » et aujourd'hui avec la fausse décision de Justice, selon le Procureur Koné Braman, brandie par Alloui Brou Jacques dans le déguerpissement à Koumassi-Campement, ADCI note avec regret et inquiétude que les vautours du fonciers'appuient sur des « décisions de Justice » pour exproprier et spolier d'honnêtes citoyens, et appelle toutes les autorités à plus de vigilance dansl'exécution des décisions de déguerpissements ou d'expropriation.
Au demeurant, réitérant son appel à l'adoption d'un moratoire sur le foncier et à la création d'un Tribunal spécial dédié au foncier, ADCI appelle la Justice à faire toute la lumière sur le dossier de Koumassi-campement permettant de situer toute la chaîne de responsabilités au-delà du sieur Alloui Brou Jacques et au dédommagement juste et intégral des victimes.
ADCI invite également le District Autonome d'Abidjan à faire preuve d'humanisme et à respecter les autorités municipales de son ressort territorial en stoppant immédiatement les déguerpissements en cours.
ADCI se tient aux côtés de toutes les personnes impactées par les déguerpissements et appelle à la solidarité publique et privée autour des victimes, non sans souligner avec force que le respect de la dignité humaine est non négociable.
ADCI salue son Leader, le Citoyen Antoine Assalé Tiémoko qui, avec sa casquette de journaliste, et toujours du côté des victimes en quête de vérité et de justice, travaille à faire éclater la vérité aux fins d'éclairer l'opinion publique sur les manquements administratifs et le drame humain dont nous sommes tous témoins.
Fait à Yamoussoukro, le 12 Juin 2026
Pour ADCI
Le Secrétaire Exécutif
Roger YOUAN