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[Danané : Billet retour sur les législatives 2025] Zoom sur les tares à l’origine de l’échec de certains candidats

[Danané : Billet retour sur les législatives 2025] Zoom sur les tares à l’origine de l’échec de certains candidats

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Dans la circonscription électorale n°193, plusieurs tares ont contribué à l’échec cuisant de certains candidats lors des élections législatives de décembre 2025.

Duékoué, le 18 mars 2026 (crocinfos.net) — Dans ce dixième (10e) numéro de votre rubrique satirique « Billet retour », nous nous sommes particulièrement intéressés aux élections législatives de 2025, en analysant les raisons de l’échec cuisant de certains candidats de partis politiques dans le département de Danané.

Dans cette circonscription électorale n°193, des candidats issus de partis politiques réguliers ou parfois parachutés, souffrant d’un déficit de légitimité et contraints, pour ainsi dire, de « sortir de leur réserve », sont pourtant restés à leur place — à leur grand détriment.

Pour espérer remporter les élections législatives de décembre 2025, il leur aurait surtout fallu revoir en profondeur plusieurs stratégies de terrain afin de gagner la confiance d’un électorat averti et exigeant, également en quête de considération et de réactivité en période électorale.

Avec des « serpents boas et des pythons dans leurs poches », des attitudes belliqueuses, des préfets et sous-préfets proches de leurs partis mais foncièrement ignorés, des papillonnages politiques très décriés, des plans de campagne flous — avec, en prime, des doutes persistants même sur les membres de leur propre équipe (excepté leurs proches) — et des dispositifs de restauration quasi inexistants, les admirateurs, militants, électeurs et autres partisans ont été contraints, de manière stratégique, de se prendre en charge.

Dans ces conditions, comment l’échec aurait-il pu ne pas être le compagnon de ces Harpagon des temps modernes et de ces mauvais disciples de Machiavel, au soir de la proclamation des résultats provisoires et définitifs par la Commission électorale indépendante (CEI) et le Conseil constitutionnel ivoirien (CCI) ?

Pour remporter les élections — ou, à défaut, assumer collectivement le poids de l’échec — il leur aurait surtout fallu s’efforcer de maîtriser la complexité du jeu électoral dans la circonscription n°193 (son étendue, le système électoral et les opérations de vote), prendre de la hauteur face aux ragots internes et externes, souvent fabriqués de toutes pièces, y compris par leurs propres proches pour écarter les autres, respecter les rendez-vous pris ainsi que leurs horaires, faire preuve de ruse — Ndlr : savoir faire bonne figure même chez l’adversaire —, organiser des séances d’écoute active lors des réunions de synthèse et composer avec les relations ainsi que les familles des autres acteurs, dans une synergie d’actions inclusives et non discriminatoires.

Ces initiatives devaient être empreintes d’humilité, de confiance, de lisibilité et de respect d’autrui, appuyées par des projets de société préalablement bien élaborés et soutenus par des appuis financiers ciblés, afin d’éviter de se retrouver « coincés dans la gorge », comme ce fut malheureusement le cas.

Car si les curriculum vitae — diplômes, titres, grades et statuts sociaux — suffisaient à eux seuls pour être élus, tous (Ndlr : suivez mon regard) siègeraient aujourd’hui à l’hémicycle ivoirien pour défendre les populations. Et le peuple se serait alors trompé d’avocat.

Ainsi, pour corriger toutes ces tares, il convient désormais de donner la latitude à la base de choisir son véritable avocat…

Lainé GONKANOU, Correspondant Régional