Le Projet d’Aménagement de la Baie Lagunaire de Cocody (PABC) est en crise sous la direction de Bê Lancina Coulibaly
Le Projet d’Aménagement de la Baie Lagunaire de Cocody (PABC) est en crise sous la direction de Bê Lancina Coulibaly. Mauvaise gestion, gaspillages financiers, licenciements abusifs et pratiques opaques ternissent l’image du projet et du gouvernement ivoirien.
Abidjan, 31 décembre 2025 (crocinfos)---Le Projet d’Aménagement de la Baie Lagunaire de Cocody (PABC), qui devrait être un fleuron de développement pour la Côte d'Ivoire, est aujourd’hui le théâtre d’une gestion calamiteuse, marquée par des dysfonctionnements graves et une opacité totale. Depuis maintenant quatre mois, le projet semble être pris en otage par un coordonnateur absent, Bê Lancina Coulibaly, qui continue de gérer à distance grâce à des pratiques autoritaires et illégales. Tandis que les employés se retrouvent dans une situation de vulnérabilité et d’incertitude, la structure se dirige vers un naufrage annoncé. Si cette situation perdure, elle risque d’entraîner non seulement une perte de confiance dans la gestion publique mais aussi un gaspillage massif des ressources publiques.
Le PABC sous la direction de l’absent
Depuis plusieurs mois, le coordonnateur du PABC, Bê Lancina Coulibaly, exerce ses fonctions de manière détournée. Officiellement, il aurait pris du recul pour des raisons inconnues, mais en réalité, il continue de mener le projet d'une main de fer, restant physiquement absent, tout en étant présent moralement à travers des décisions autoritaires. En effet, des employés de la structure dénoncent un climat de peur constante au sein du projet. Ceux-ci exécutent ses ordres sans savoir où il se trouve précisément ni comment il gère les affaires courantes du PABC.
Cette situation s'illustre parfaitement dans le cas d'un employé du service comptable, qui a été renvoyé après avoir passé une commande de fournitures approuvée et signée par Bê Lancina Coulibaly lui-même. Le motif de son licenciement ? Cette commande aurait été jugée trop coûteuse, malgré le fait que le coordonnateur en ait lui-même validé les termes. Ce genre de décision illogique semble faire partie d'une stratégie visant à exclure systématiquement les employés en les privant de leurs droits légitimes, comme l’affirme une source interne. Le coordonnateur aurait ainsi pour objectif de multiplier les renvois sans indemnités pour se débarrasser des employés, une pratique qui soulève des questions sur sa morale de gestion et son respect des obligations légales.
Une gestion autoritaire et des méthodes douteuses
Sous cette apparente absence de leadership, un système autoritaire continue de régner au PABC. Bê Lancina Coulibaly utilise des méthodes peu orthodoxes pour contrôler la structure. À titre d'exemple, il a mis en place un dispositif de surveillance de 20 caméras dans les bureaux, qu'il contrôle à distance sous le prétexte de garantir la sécurité. Cependant, ces caméras servent également à maintenir une pression constante sur les employés, les privant ainsi de leur liberté de travailler dans un environnement serein.
Loin d'être une simple question de sécurité, cette surveillance exagérée participe à un climat de méfiance généralisée. Un ancien membre du personnel dénonce d’ailleurs l’utilisation de la peur comme outil de gestion, où toutes les décisions sont prises de manière arbitraire par un seul individu, sans aucune consultation ni vérification. Les décisions iniques, comme le renvoi de certains agents sans raison valable, sont devenues monnaie courante. Cette situation ne fait qu'empirer la fracture interne et désorganiser davantage les activités du PABC.
L’opacité financière et l’inefficacité de la gestion des salaires
Le PABC fait face à une opacité totale en ce qui concerne la gestion des salaires. Selon les dénonciations d'employés, il est impossible d'obtenir des bulletins de salaire ou des documents administratifs nécessaires. Le refus de délivrer les attestations de travail ou des documents sociaux par la direction s'apparente à une violation flagrante des droits des employés. Bê Lancina Coulibaly aurait ainsi adopté une politique de non-transparence, ne fournissant ni justificatifs de paiements ni informations claires sur la gestion des fonds destinés aux salaires. Les employés se trouvent dans l’incapacité de prouver leurs droits sociaux et de remplir leurs obligations administratives, ce qui constitue une atteinte grave à leurs droits fondamentaux.
Cette attitude peut être qualifiée de pratiques illégales et constitue une violation manifeste du Code du travail. Le refus systématique de fournir des documents administratifs nécessaires est un manquement grave à la loi. Et comme si cela ne suffisait pas, certains employés ont été licenciés abusivement, sans motif valable, et sans qu’ils aient pu récupérer leurs droits. L’un de ces agents a d’ailleurs entamé une procédure judiciaire en réclamant 95 millions de francs CFA pour régler ses droits non versés.
Des dérives financières et des nominations sans fondement
La situation au PABC est exacerbée par un désordre financier profond. D’après des témoignages internes, des dépenses fictives sont régulièrement enregistrées, notamment sous le libellé “entretien de voirie”, mais qui en réalité, semblent dissimuler des détournements de fonds publics. L’une des manœuvres notables consiste à garder les fonds alloués à l’entretien sous des prétextes douteux, tels que des panneaux publicitaires, qui ne sont en fait qu’une façade pour masquer une gestion désordonnée.
De plus, des recrutements abusifs continuent d’avoir lieu, dans le but de placer des personnes proches de Bê Lancina Coulibaly. Ces nominations sont souvent faites sans aucune justification réelle. Par exemple, au sein du service de passation des marchés, plusieurs postes ont été créés alors que des employés qualifiés occupaient déjà ces fonctions. L’objectif de ces créations de postes fictifs semble être de maintenir un contrôle absolu sur les décisions et de caser les "protégés" du coordonnateur.
Le gaspillage des ressources publiques et l’inefficacité du projet
Sous la gestion de Bê Lancina Coulibaly, le projet, qui devait être un modèle d'urbanisme et de modernisation pour la Côte d’Ivoire, est désormais un exemple de gaspillage et de mauvaise gestion. Le coordonnateur semble avoir détourné des ressources considérables, notamment en ce qui concerne 80 millions de FCFA alloués au carburant, qui ont été utilisés de manière opaque et ont été échangeables contre de l’argent liquide dans certaines stations-service.
Ce gaspillage massif des fonds publics est accentué par des licenciements abusifs et une gestion moralement défaillante qui a pour résultat la dilapidation des ressources et la démoralisation du personnel. Les employés du PABC dénoncent une administration où les décisions sont prises sans consultation, et où la hiérarchie est contournée pour placer les favoris du coordonnateur à des postes clés, sans tenir compte de leurs qualifications.
Une gestion de santé publique à la dérive
Le coordonnateur, dans le cadre de la couverture assurance santé des employés, a également imposé une société d’assurance choisie sans aucune mise en concurrence, en violation des règles de transparence administrative. Ce choix est perçu comme une pratique de favoritisme et révèle un manquement à la bonne gouvernance. L’inefficacité de cette couverture d’assurance santé souligne à quel point le PABC souffre d'une gestion biaisée et éthiquement douteuse.
Face à ce désastre annoncé, les employés du PABC ont décidé de prendre les choses en main. Ils ont annoncé leur intention de saisir les autorités ivoiriennes, notamment le Président de la République, pour exiger un audit complet du projet, tant sur le plan administratif que financier. Ce contrôle absolu est devenu indispensable pour restaurer la confiance dans ce projet qui a pourtant reçu une subvention de 15 milliards de FCFA de l’État de Côte d'Ivoire en 2025. Il est impératif que les autorités agissent rapidement pour redresser cette situation et rétablir la crédibilité du projet, tout en évitant un gaspillage supplémentaire des fonds publics. Le PABC, dans son état actuel, est un symbole d’échec qui menace l'avenir du développement durable dans la région.
Réalisée par L’Enquêteur, crocinfos.net, artici.info, audace tv, ledebativoirien.net
[Un silence qui interroge]
Au sein du Projet d'Aménagement de la Baie Lagunaire de Cocody (PABC), un phénomène inquiétant se dessine : un refus systématique de réceptionner les courriers des journalistes. Cette consigne, donnée directement par le coordonnateur, Bê Lancina Coulibaly, via son assistante, San Lydie, s'applique à tout journaliste souhaitant obtenir des informations vérifiées ou équilibrées concernant la gestion de l'institution. En conséquence, ceux-ci se voient systématiquement rejetés à l’entrée par les vigiles et le personnel de réception, qui répondent sèchement : « Pas de courriers de journaliste ici ».
Cette attitude, loin d'être anodine, soulève des interrogations sur la gestion opaque de l'institution. En effet, elle semble délibérément entraver les efforts des journalistes cherchant à obtenir des éclaircissements ou à mettre en lumière la gestion du PABC. Un tel comportement, particulièrement de la part d'un responsable public, laisse planer un doute légitime et nourrit des suspicions sur la transparence des pratiques internes.
Il est paradoxal qu'un dirigeant d'institution publique se refuse à dialoguer avec les médias, d’autant plus lorsqu'il a financé une agence de communication pour recevoir des distinctions honorifiques, comme le prix du meilleur coordonnateur d'entreprises de Côte d'Ivoire. Cela soulève la question de la cohérence entre la communication externe qu’il recherche et son attitude envers la presse, essentielle pour une gestion transparente.
Le silence total du coordonnateur à l’égard des journalistes peut être perçu comme une tentative de cacher des informations ou de dissimuler des dysfonctionnements internes. Une telle absence de dialogue nourrit la méfiance et génère des interrogations sur la qualité de la gestion du PABC. Un refus catégorique de communiquer n'est jamais sans conséquence : il alimente les spéculations et peut se retourner contre l'institution, en donnant une image négative de son administration.
En définitive, la transparence et la communication avec les médias sont des principes fondamentaux pour garantir la confiance du public et des parties prenantes. Un chef d’entreprise ou un responsable public doit être disposé à échanger de manière claire et ouverte, sans quoi son silence peut être interprété comme un signe de gestion défaillante ou de problèmes internes.
Charles Kpan